Tourisme : quels filons le futur maire doit-il exploiter ?
Granville est très appréciée des touristes, aux beaux jours bien sûr, mais il y a aussi une clientèle du week-end tout au long de l'année. : Archives Ouest-France.
Questions de campagne. Le cadre de Granville est naturellement attractif. Mais le prochain maire ne devra pas rester les bras croisés, s'il veut attirer et faire revenir les touristes.
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Un joyau dont certaines facettes n'attendent plus qu'à briller encore plus fort. Granville est belle, Granville rayonne, Granville attire. Aux beaux jours, la cité portuaire ne vivote pas : elle explose de vie, de touristes. Mais tout au long de l'année, son coeur bat quand même. Il n'y a pas vraiment de saison morte. Chaque week-end, dès le vendredi soir, ils reviennent d'un peu partout, en automobile, par le rail, ce fameux « Granville-Paris », sujet de railleries et de critiques mais que tout le monde rêve en train électrique. « Granville est la seule ville de cette taille, avec Briancon, à avoir une ligne directe avec Paris », note Denise Renouvin, la passionnée adjointe qui ne brigue pas de nouveau mandat.
Mais son bébé, elle ne l'abandonnera pas totalement en demeurant présidente de l'office de tourisme. Était-ce seulement imaginable de la part de l'ambassadrice de Granville, promue au rang de chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur en 2004, pour toute l'énergie dépensée depuis 1971 ans à la promotion touristique ?
100 ans de tourisme
Classé trois étoiles depuis le 1er juin 2006, l'office de tourisme fêtera ses 100 ans en mai prochain. Comme quoi, à Granville, la question est prise au sérieux depuis très longtemps. Le surnom de « Monaco du Nord » ne date pas d'hier et les bains de mer ont attiré depuis des décennies des vacanciers, au début les plus aisés. Les vieilles affiches conservées par le musée du Vieux Granville évoquent ce passé.
Mais une ville comme Granville ne peut pas se reposer sur les lauriers de l'histoire. Il faut en faire les fondations d'un nouvel édifice. Il y a déjà les atouts naturels : un cadre exceptionnel, les îles Chausey, une haute-ville qui attire toujours autant, les plages environnantes. Bref, une ville où il fait bon vivre. Il y a aussi les rendez-vous dans l'année : le carnaval plus que centenaire et le festival qui monte, les Sorties de bain, avec ses « petits frères » (Toute la mer sur un plateau, les Visiteurs du noir, la Nuit des soudeurs, etc.). Les musées Dior, Anacréon, du Vieux Granville ou le Roc des Harmonies amènent aussi leur lot de touristes. Ce qui fait aussi le charme du centre-ville, ce sont ses magasins, ses petites galeries d'art, ses échoppes que l'on ne retrouve pas ailleurs.
S'il n'existe pas encore d'office de tourisme intercommunal, la communauté de communes est cependant à l'origine d'actions de promotion, notamment l'Eductour, séjour réservé aux professionnels jersiais du tourisme dont l'objectif est de « vendre » la destination du Pays granvillais à part entière. L'année dernière, la communauté de communes a également installé un stand dans l'énorme centre commercial de Parly 2, au Chesnay, à côté de Versailles.
Miser sur l'accueil
Faire venir des touristes, c'est bien. Encore faut-il les inciter à rester et surtout à revenir... Il faudrait déjà régler le problème du stationnement (lire notre dossier du 16 février). Par ailleurs, la capacité d'accueil hôtelière (plus de 380 chambres intra-muros) est-elle suffisante ? Pour Denis Renouvin, il faudrait aussi miser davantage sur le qualitatif en explorant la niche du touriste « aisé ». « Il ne faut surtout pas tout miser dessus, mais c'est une clientèle qui nous échappe alors que Granville les attire. Nous avons de bons hôtels mais nous n'avons pas un « grand » hôtel. Nous avons de bons restaurants mais il nous manque encore « LE » restaurant. »
Autre faiblesse : l'animation de rue. « Il faut travailler pour tous les types de population. Il faut que l'on puisse se balader dans les rues, en sachant que l'on ne va pas s'y ennuyer, sans pour autant dépenser trop d'argent. » Un coup de coude à peine voilé aux commerçants qui ne sont pas parvenus à s'entendre sur le sujet depuis longtemps. Mais la dynamique est relancée depuis quelques jours. Il y a donc de l'espoir.
Pascal SIMON.
Prochain et dernier volet de notre série d'articles : le projet de développement portuaire symbolise-t-il l'avenir de Granville ?
Ouest-France
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