Pêche à pied : un loisir qui a ses règles
Les pêcheurs à pied doivent quitter l'estran 45 minutes avant la montée de la mer.
L'interdiction de pêche à pied est levée et la grande marée arrive. Une aubaine pour les amateurs, à condition de respecter quelques règles.
L'heure des grandes marées a sonné. Les prochains jours s'annoncent critiques pour les crustacés. Avec un coefficient de marée de 100 mercredi et 106 jeudi et vendredi, les brassiers (amateurs de pêche à pied) ne vont pas tarder à déambuler sur l'estran, la zone découverte par la marée. L'échine courbée, ils s'attelleront à débusquer le gastéropode. Mais traquer coquillages et crustacés, c'est avant tout suivre les règles de protection de la faune. Exit le râteau de jardinage pour ramasser la palourde, « un coquillage que tout le monde veut pêcher, une sorte d'or noir », témoigne Annie Trémault, animatrice du Centre Nature à Saint-Martin de Bréhal. Les règles de protection établies par les Affaires maritimes sont strictes, mais certains novices n'hésitent pas à s'autoriser quelques entorses à la réglementation. Pour ceux qui ne suivent pas les règles (usage d'outils non autorisés, quantités et tailles non respectées...), les contrevenants s'exposent à des amendes d'un montant de 250 € minimum et à la saisie du matériel de pêche. L'animatrice confie son inquiétude : « les gens ne sont pas suffisamment avertis, ils grattent n'importent où, le sable s'en va et par conséquent, l'estran est chamboulé. » Pour éduquer les gens non avertis, le Centre Nature organise des stages de pêche à pied au cours desquels les participants pratiquent, tout en apprenant les règles de base afin « qu'ils puissent pêcher d'une façon respectueuse ». La palourde signale sa présence par deux petits trous dans le sable légèrement rapprochés l'un de l'autre. Inutile donc de ratisser ou de bêcher. « La pêche à pied se fait au doigt et à l'oeil », martèle Annie Trémault. Un slogan qui fait écho à l'invention de Michel Servant baptisée « A pied bon oeil » : une simple petite règle en plastique qu'il suffit de poser sur le crustacé pour savoir s'il est de la taille minimale autorisée. Les tailles de capture sont les suivantes : 9 cm pour l'ormeau, 3 cm pour la coque, 4 cm pour la palourde. Pratique, l'objet permet d'appliquer la réglementation sans même connaître la législation. « Un enfant de 4 ans peut l'utiliser », soutient l'inventeur. Les glaneurs de praires devront s'abstenir. Il est, en effet, interdit de pêcher l'hôte des fonds vaseux jusqu'au 1er septembre. Guidé dans sa démarche par le souci de préserver l'estran, Michel Servant espère faire des émules auprès des pêcheurs. « Il faut laisser tout ce qui n'a pas la taille requise pour pérenniser l'environnement et ce sera bien. » Pratique. Mercredi 29, coefficient de marée de 100 à 8 h 45 et 103 à 21 h, jeudi 30 : 106 à 9 h 24 et 107 à 21 h 41, vendredi 31 août : 106 à 10 h 03 et 104 à 22 h 20. Pour connaître les tailles, les quantités et les lieux autorisés, se renseigner auprès des Affaires maritimes, tél. 02 33 91 31 40 et de la capitainerie, tél. 02 33 91 28 28. Claire CHERRY-PELLAT.
Ouest-France