Yvan Guiton poursuivra l'esprit carnavalesque propre à Granville qu'il a contribué à relancer en travaillant auprès de Jean-Pierre Doron. Vous succédez à Jean-Pierre Doron. Une page se tourne avec votre élection ?
C'est une continuité plus qu'une rupture. La plupart des membres de l'équipe repartent. Nous sommes tous des enfants de Jean-Pierre Doron. Il a été le président pendant cinq ans : c'est beaucoup de responsabilité, il a fait un travail énorme. Une manifestation avec 10 000 spectateurs, ça va. Quand on atteint 130 000 spectateurs, 90 000 selon la police, c'est autre chose. Sans compter la trentaine de chars et les carnavaliers. Le carnaval de Granville, c'est le plus grand de l'Ouest, c'est l'une des premières manifestations de la Manche. Les pouvoirs publics nous ont dit que l'on devait pouvoir offrir les meilleures garanties de sécurité. Avec Jean-Pierre, on l'a fait, en imposant le carnaval dans son identité populaire à travers une manifestation familiale et gratuite.
Faut-il forcément être Granvillais pour présider le comité du Carnaval ?
Être Granvillais, qu'est-ce que ça signifie ? Granville est un port, c'est par essence un lieu d'échange, de brassage, de mariage. On y passe, on s'installe, on y vit, on repart. Jean-Maurice Marland, le petit-fils de Maurice Marland, vit à Saint-Domingue. Mais il est toujours Granvillais et chez lui, c'est une enclave granvillaise. Granville, c'est surtout un état d'esprit, ce n'est pas seulement un lieu de naissance et une résidence. Je suis né à Granville, c'est pour moi un honneur d'être le président du Carnaval mais c'est une responsabilité encore pire : si on échoue, on ne pourra même pas partir !
Comment finance-t-on une telle manifestation quand les principaux rendez-vous sont gratuits ?
Le budget de l'édition 2009 s'est élevé à 126 000 €. Il y a cinq ans, c'était 30 000 €. L'argent vient à 40 % de subventions publiques (Granville, Pays de Granville et quelques communes extérieures, conseil régional de Basse-Normandie), le partenariat privé représente environ 30 %. Le reste, c'est le fruit de ventes diverses (t-shirts, sifflets, etc...) et les entrées des bals. Mais notre leitmotiv, c'est la gratuité. On aimerait bien trouver un partenaire pour que le bal des enfants du samedi soit gratuit (2000 participants cette année, dont un millier d'enfants).
Jean-Pierre Doron espérait que le conseil général de la Manche rejoindrait le tour de table. Le dossier avance ?
Rien de nouveau pour le moment. Pourtant, il ne s'agirait pas forcément de partenariat financier. L'un des points forts du Département, ce sont les transports en commun. Le conseil général de la Manche pourrait beaucoup nous aider en proposant de gérer un réseau de navettes de bus pour acheminer les spectateurs vers le centre-ville. Le conseil régional de Basse-Normandie, par exemple, affrète chaque année des trains spéciaux pour transporter les festivaliers entre Caen et Granville. Le carnaval est certes un rendez-vous populaire mais néanmoins culturel qui puisse ses racines dans l'histoire maritime de la Manche. Nous avons même des liens avec Jersey : tous ces axes sont aussi ceux du Département !
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