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Jean-Charles Monnet (à gauche) et Alexandre Toulorge en ont fini après 24 jours en mer. : E.H.Degrémont Suez - Source de Talents s'est amarré hier matin au dernier rang du ponton des grands à Port Gustavia en quatorzième position. À bord, le Caennais Monnet et son complice cherbourgeois Alexandre Toulorge affichaient un sourire heureux et soulagé. « La douche glacée, on l'a heureusement digérée depuis quelque temps. » Les fichiers, après le passage à Madère, incitaient à une route nord, les attardés ont risqué le sud avant de toucher le jackpot. Pendant ce temps, Monnet et Toulorge cherchaient une porte de sortie.
« On s'est retrouvés dans une situation complexe, raconte Alex Toulorge (29 ans), dauphin de la course en 2002 avec Jean-Paul Mouren (lequel cette fois s'impose avec Laurent Pellecuer). Les schémas météos n'étaient pas clairs, il fallait faire un choix. Nous avons poussé notre option jusqu'au bout. Malgré le classement, on ne peut pas avoir de regrets. Rarement, je n'avais disputé une course où le jeu était autant ouvert, c'était la première fois que la météo était aussi complexe. » Le bizuth Monnet aura donc été particulièrement servi. La Solitaire du Figaro l'été dernier, la transat Ag2r au printemps, l'apprentissage continue. Le métier rentre à la vitesse grand V.
Mais il se souviendra longtemps de ce cyclone qui ne cessait de grossir, de les ralentir. De plomber leurs chances. « Après Madère, le choix paraissait assez évident : du près dans la brise au nord, du portant dans la pétole au sud. Alors filer en bas ne paraissait pas envisageable, surtout qu'il aurait fallu aller très bas. Heureusement qu'on a croisé avec Financo (Troussel-Pratt, les favoris). On a ensuite tout donné pour garder notre place. » Après 24 jours de mer, le marin se fait plus bavard, le visage se détend. « Quand tu regardes le classement, il y a quelques gros bras derrière. Cette course, il faut la comprendre, et l'analyser. Mais cela restera une expérience plus que positive. Je suis super-content du travail que nous avons fait avec Alex. Et c'est tellement sympa d'arriver ici. » Du soleil, de la chaleur, de la musique. Bienvenue à Saint-Barth.
Éric HORRENBERGER.