Édition du mardi 11 décembre 2007
Problèmes de chasse d'eau au Mont
Le décalage entre la démolition de la digue et la mise en service du nouveau barrage nécessite une nouvelle étude hydraulique.
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« La mise en service de la première moitié du barrage sur le Couesnon doit intervenir début 2008. Les travaux pour la deuxième partie vont être lancés dans la foulée. Au total, nous devrions avoir huit mois de décalage avec le calendrier prévisionnel. Ce n'est pas choquant pour une opération aussi complexe », explique Philippe Duron, président du Syndicat mixte de rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel.
Ce qui pose problème en revanche, c'est le déphasage entre la mise en service du barrage et la destruction de la digue d'accès actuelle (Lire « Ouest-France » du 21 novembre). L'effet de chasse d'eau espéré pour évacuer les sédiments pourrait en être contrarié. La réunion du comité syndical a donc décidé, hier à Caen, de lancer une procédure pour « l'acquisition d'un outil de simulation afin d'affiner les prévisions des études de 1998 et 2 000 ».
Ce modèle doit permettre au comité d'experts internationaux, créé en juillet, de mieux cerner les conséquences de ce décalage. Toutes les options sont ouvertes. Certains redoutent que les sédiments, chassés trop vivement par le nouveau barrage, ne fassent le tour du Mont pour ensabler la partie est. À l'inverse, d'autres envisagent le contraire. « Personne, à ce jour, n'est capable de dire ce qui va exactement se passer », souligne Philippe Duron.
Des navettes polluantes
Ces perturbations sont dues, en partie, « au choix de l'État d'enclencher une procédure de délégation de service publique (au privé) pour la gestion des transports et la construction de la passerelle sur laquelle circulera une navette ». Cette décision a alourdi la procédure. Elle a toutefois permis de recadrer financièrement un projet qui partait à la dérive. « On sait désormais que l'enveloppe ne devra pas dépasser les 164 millions d'euros d'argent public. »
L'option parking en herbe pénalise aussi l'avancement du chantier. « Nous savons que nous devrons patienter deux ans après sa construction avant de le mettre en service. C'est le délai nécessaire pour que l'enracinement soit suffisant. » Comme il n'est pas question de supprimer les aires de stationnement existantes avant d'ouvrir les nouvelles, il faudra s'armer de patience. Un nouveau calendrier doit être présenté en février.
Concernant les navettes qui desserviront le Mont, le temps du rêve est révolu. Envolées les belles images de trams stylisés et propres. Pour rester dans l'enveloppe budgétaire et ne pas prendre de risques techniques, « nous nous orientons vers un mode routier classique ». Traduction, ce sont des bus fonctionnant au diesel qui assureront le cheminement vers l'Archange. Seul le CO2 montra au ciel.
Jean-Pierre BUISSON.
Ouest-France