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Rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel

Édition du mercredi 21 novembre 2007

Le désensablement du Mont s'enlise

Le décalage entre l'étude de simulation et la réalité du terrain menace la réussite du projet de rétablissement du caractère maritime.

L'herbu continue de gagner du terrain dans la baie du Mont-Saint-Michel. Le phénomène risque de continuer encore longtemps, voire de menacer le projet de rétablissement du caractère maritime de l'îlot. Un projet de plus de 130 millions d'euros. « On peut en effet s'inquiéter du retard pris dans le chantier », se préoccupe Michel Thoury, maire de Saint James et conseiller régional UMP. « Certes le nouveau barrage qui doit chasser l'eau pour dégager le chenal avance, mais il ne pourra pas entrer en service avant quatre ou cinq ans. Pendant toutes ces années, l'herbu va continuer de progresser pour finir par atteindre le Mont. »

Ce qui pêche, c'est le déphasage entre les études de simulation, qui datent d'une dizaine d'années, et la réalité du chantier. « Pour que l'effet de chasse du barrage soit efficace, il faut qu'il agisse de chaque côté du Mont », poursuit Michel Thoury. « Il est donc impératif que la digue actuelle soit démolie quand le nouveau barrage va entrer en action. » Ce qui sera possible courant 2008.

« Des retards qui vont tuer le projet »

Mais, et c'est là que les choses se gâtent, « la démolition de la digue n'est envisageable que lorsque la passerelle de la navette d'accès qui doit la remplacer sera construite. » Monsieur de La Palice n'aurait pas mieux exposé la chose. « Certes, mais pour construire cette passerelle sur l'emplacement est des parkings submersibles, il faut que les nouveaux parkings à terre soient en service. » Ce qui est loin d'être le cas. « Donc on est coincés. Au mieux et sans mauvaises surprises techniques pendant la construction de la passerelle, la digue ne pourra pas être démolie avant cinq ans. Voire sept ou huit. »

Les techniciens qui oeuvrent sur le dossier ne démentent pas cette vision du problème. Ils espèrent toutefois pouvoir jouer avec la puissance du nouveau barrage pour éviter que l'herbu ne gagne trop de terrain en attendant la démolition de la digue. Selon le conseiller régional UMP, la responsabilité de ce décalage incombe aux choix du conseil régional « de privatiser la gestion des parkings et des transports. Cette délégation de service public entraîne des retards qui vont tuer le projet ».

Les querelles intestines locales et les polémiques sur le choix de la navette chargée de desservir le site ne sont pas, non plus, étrangères à ce retard. L'élu de Saint-James n'a plus qu'à espérer une accélération du réchauffement climatique et de la montée des eaux qui l'accompagne pour sauver le Mont de l'herbu.

Jean-Pierre BUISSON.

Ouest-France

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