L'agriculture durable : une solution d'avenir
Vincent et Christophe Gosselin ont présenté vendredi leur exploitation.
Christophe et Vincent Gosselin, agriculteurs à Fervaches, ont présenté vendredi leur exploitation agricole. De l'intensif, ils sont passés à une agriculture protectrice.
C'est dans le cadre d'une opération entre la WWF (World Wilde Fondation) et la Fédération nationale des Civam (Centres d'initiatives pour valoriser l'agriculture et le milieu rural) que Christophe et Vincent Gosselin ont expliqué pourquoi ils étaient passés d'une agriculture intensive à une agriculture durable. « En 1990, nous nous sommes installés en Gaec avec notre père sur la ferme familiale. Nous avions un élevage intensif avec une production laitière élevée, des plantations de maïs, de céréales, avec une utilisation importante de pesticide et une charge de travail très forte, autour des 70 heures par semaine, mais sans dégager de revenu correct. Pour compléter nos revenus, nous avons décidé en 1992 d'installer un atelier de porcs avec la même démarche que pour l'élevage laitier : achat d'aliments extérieurs, antibiotiques etc. »
Travailler autrement
A partir de 1995, les frères Gosselin découvrent qu'ils peuvent travailler autrement et améliorer leur qualité de vie. Ils prennent également conscience de l'impact de leur activité sur l'environnement. Progressivement, ils vont limiter l'entrée des pesticides, de l'engrais, des aliments. Ils vont changer leur manière de travailler avec un retour au pâturage des vaches, réduire les surfaces de maïs, pratiquer le désherbage mécanique afin de limiter au maximum l'utilisation de pesticide et recourir aux antibiotiques uniquement en cas de besoin et pas de manière systématique. « Petit à petit, nous nous sommes aperçus que l'on travaillait moins, entre 45 et 50 heures par semaine. Et mieux, que l'on gagnait plus et que l'on protégeait l'environnement. Notre démarche nous a également permis de mieux cerner notre métier et de libérer du temps que nous pouvons consacrer à nos familles. »
En 2002, ils adhèrent au Civam par le truchement de l'Apad (Association pour la promotion de l'agriculture durable) qui regroupe une quinzaine de fermes sur le Saint-Lois. Ils ont également investi dans la filière bois énergie, animée par l'association Haiecobois, qui valorise les bois de haie pour le chauffage de particuliers et de bâtiments collectifs.
Christophe et Vincent Gosselin se situent donc dans la philosophie de l'association WWF qui est de redévelopper une agriculture durable, de qualité et de proximité, qui concilie l'efficacité économique et la préservation des ressources naturelles. Ils trouvent également dans les Civam, qui sont un lieu d'échange et de réflexion, un appui à leur démarche de durabilité.
Ouest-France