Édition du mercredi 05 septembre 2007
Huîtres : « la qualité de l'eau est essentielle »
De la baie du Mont Saint-Michel aux rives du Morbihan en passant par la rade de Brest. Pour Pascal et Renan Henry, l'ostréiculture est une affaire de famille.Cinquième génération d'ostréiculteurs par leur père, troisième par leur mère les frères Henry sont des gars du coin, ancrés dans le métier, solides. Ils développent deux marques : La Belle de Quiberon et la Belle de Cancale. Haut de la rivière de Crac'h, Carnac, la famille Henry a circulé avant de s'implanter route de Quehan. En 1950, comme d'autres, l'entreprise s'installe à Roscanvel, en rade de Brest. En 1997, une opportunité est saisie à Cancale. Henry s'implante en baie du Mont Saint-Michel. « Nous avons cherché de nouvelles concessions pour nous développer », lance Renan. Gros, demi-gros, expédition les établissements de Saint-Philibert, qui reçoivent la production des concessions extérieures, travaillent pour des poissonniers, des restaurateurs, des grossistes et la grande distribution, exportant via des grossistes parisiens vers la zone euro ou non, de la Grande-Bretagne à la Russie, voire les Émirats.70 % de la production est en huîtres plates. « On y a toujours cru. » Captée en baie de Quiberon, semée en baie du Mont Saint-Michel, draguée trois années plus tard, la Belle de Cancale est, en fin de parcours, expédiée de Saint-Philibert. L'entreprise a dû investir dans un bateau amphibie nécessaire pour travailler dans la baie du Mont. Un outil de 600 000 €.Cet investissement, cette projection vers d'autres sites sont nécessaires pour se prémunir d'accidents. Ainsi la surmortalité actuelle en baie de Quiberon qui est provoquée par les dorades. « Des collègues sont pris à la gorge. » Mais, même si les établissements Henry ont une solide réputation, « un accident majeur et nous pourrions tout perdre. Il faut savoir se développer, mais l'huître c'est toujours un risque, un coup de poker, du casino. »On peut simplement limiter les risques, par exemple en exigeant une eau impeccable. « Si nous n'avions pas été là pour préserver le paysage littoral, il n'y aurait que du béton partout, de la pollution. La qualité de l'eau, celle des plages c'est aussi à force de persévérance le résultat de notre travail, de celui de nos organisations, de nos contrôles permanents. » Renan Henry poursuit : « Les élus des communes non côtières doivent comprendre que tout va à la mer. » L'ostréiculteur rappelle les actions communes avec les agriculteurs, les pêcheurs comme l'association Cap 2000 ou le travail réalisé en ria d'Etel. Le résultat, « notre produit est de qualité ».Bruno JEZEQUEL.
Ouest-France