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Pour son premier Tour de France, Amaël Moinard fait plus que de la figuration. Premier Français, il vit à fond cette première expérience sur la Grande boucle. : AFP/Patrick HertzogJ'avais les mêmes consignes que mes coéquipiers. Viser les premières places du classement général, c'était utopique en sachant qu'il se dessinerait naturellement le long du parcours. Simplement nous devions nous glisser dans les coups pour animer la course. Avec la victoire d'étape de Samuel Dumoulin et notre présence quasiment quotidienne nous avons déjà rempli une bonne partie de notre mission.
Quel bilan personnel dressez-vous de vos deux premières semaines de course ?
Sans excès de zèle, je suis vraiment satisfait. Certes, je le reconnais, j'étais un peu crispé au départ mais c'est normal lorsqu'on entre dans une telle épreuve. C'est mythique. Après je me suis très vite adapté. En plus, j'ai osé tenter ce que j'avais calé dans un petit coin de ma tête. Réaliser un bon baroud en solitaire. La cerise sur le gâteau eut été la victoire d'étape mais je me contente déjà de ce que j'ai réalisé. Avec la préparation que j'avais suivi, je pensais être au mieux de mes moyens à ce moment du Tour. Le plan a donc bien fonctionné.
Premier tour et premier français pendant plusieurs étapes, c'était inespéré ?
Ce sont les circonstances qui m'ont amené à ce classement. Le général n'était pas l'objectif premier. De temps en temps, il faut aussi provoquer et prendre des risques et ça s'est avéré payant dans la deuxième semaine. Mon expérience sur ma participation à deux tours d'Italie en 2006 et 2007 a été enrichissante. Côté parcours, je pense que c'est identique et j'ai appris à gérer l'effort mais aussi la récupération. Comme quoi, il ne faut pas être impatient d'entrer dans le grand bain de la Grande Boucle.
Il reste une semaine de course. Comment l'envisagez-vous ?
Le passage dans les Alpes sera primordial. Soit je m'accroche pour essayer de terminer dans les vingt premiers si les conditions me sont favorables. En revanche, si je sens que j'ai un peu de mal, je ne vais pas me cramer. J'adopterai une autre tactique afin d'es-sayer de renouveler un coup identique à celui des Pyrénées. Ce sera moins évident. Sans être une star, mon numéro de dos-sard (187) est un peu plus repérable. De toute manière, c'est dans ma nature, je ne baisserai pas les armes et mon objectif reste bien de rallier les Champs Elysées pour boucler ma première grande boucle.